Le PMU affiche un chiffre d’affaires de 540 millions d’euros sur Internet
La publication des résultats 2008 montre que les revenus générés par les paris en ligne via Pmu.fr a fortement progressé.
Le PMU a publié son chiffre d’affaires 2008 : 9,2 milliards d’euros. Ce qui représente une hausse de 4% par rapport à l’année dernière. Le Produit Brut des Paris, correspondant à la part des enjeux restant après paiement des gains aux parieurs et les prélèvements sociaux, progresse de 1,6% à 2 185 millions d’euros. “Le PMU va dégager un résultat net à nouveau en augmentation cette année”, commente Bertrand Bélinguier, Président-Directeur Général du PMU, dans le communiqué sans donner de précisions supplémentaires.
Autres données intéressantes dans le cadre de l’ouverture du marché des jeux payants en ligne en France : l’activité du site Internet du PMU, qui sert de canal de paris sur les courses hippiques, a généré 540 millions d’euros sur l’ensemble de l’année 2008. La progression est intéressante à suivre : selon le cabinet Ineum qui a publié en octobre dernier une étude sur la libéralisation des jeux d’argent en ligne, le PMU aurait réalisé un chiffre d’affaires Internet de 112 millions en 2007 (contre 97 millions d’euros en 2006).
En 2008, le PMU indique également avoir renouvelé son parc de 16 000 terminaux de prise de paris et recense plus de 10 000 points de vente. Le PMU assure constituer “la première entreprise de paris hippiques en Europe avec 6,5 millions de clients”.
Paris en ligne : le Directeur Général de BetonSports arrêté aux Etats-Unis
Les autorités américaines ont, le 16 Juillet dernier, fait fermer le site britannique de paris sportifs en ligne BetOnSports, coté à la Bourse de Londres, et procédé à l’arrestation de son directeur général, David Carruthers. Dix autres collaborateurs et trois autres sociétés appartenant à la Kaplan Gambling Enterprise (Direct Mail Expertise, DME Global Marketing and Fulfillment, Mobile Promotions) sont inculpés d’excroquerie, conspiration et fraude.
C’est un coup de massue pour les sites Internet de jeux en ligne qui réalisent une partie substantielle de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis, comme le premier opérateur de jeux en ligne du monde Partygaming, site basé à Gibraltar dont 84 % des revenus en 2005 étaient issus de la clientèle américaine, ou SportingBet. Les sites qui jusqu’à présent tiraient profit du flou enveloppant la légalité des paris en ligne aux Etats-Unis - la plupart des lois invoquées dans les affaires qui ont éclaté ces dernières années étant antérieures à l’apparition du Web - vont désormais avoir du mal à dormir sur leurs deux oreilles.
David Carruthers a été arrêté le 16 juillet à l’aéroport de Dallas au Texas, alors qu’il était en correspondance pour le Costa Rica, pays abritant le siège de BetOnSports.
L’action intentée au civil ordonne à BetOnSports de restituer leurs mises aux joueurs. Au pénal, 22 chefs d’accusation sont retenus contre la société, parmi lesquels l’évasion fiscale. Gary Kaplan, le fondateur de l’entreprise, lui aussi poursuivi, n’a pas encore été appréhendé et serait actuellement au Costa Rica, où seraient basés plus d’une centaine de sociétés de bookmaking. L’accusation lui réclame 4,5 milliards de dollars. Son frère, Neil Scott Kaplan, a été arrêté en Floride.
Pour son exercice se terminant en février, BetOnsports a publié un bénéfice d’exploitation de 20,1 millions de dollars, en croissance de 65 %. Le volume des mises enregistrées sur la période par la société s’élève à 1,77 milliard de dollars, en croissance de 25 % sur un an.
N. Beraud, BetClick : "BetClick souhaite demander une licence en France"
Suite à l’ouverture annoncée du marché des jeux d’argent en ligne en France, Nicolas Beraud, PDG du site BetClick, a bien voulu répondre à nos questions.
1) Quel est votre sentiment face aux modalités d’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne annoncées par le gouvernement ?
L’annonce de ce planning est une étape importante. Cependant, les modalités doivent encore êtres définies de manière précise. La question de la fiscalité, en particulier, reste en suspens. Nous attendons donc d’en savoir plus sur les intentions du gouvernement ainsi que sur le cadre législatif qui sera voté par le Parlement à la rentrée.
2) Vous venez d’être racheté depuis peu par un fonds emmené par Stéphane Courbit. En quoi cela change-t-il votre stratégie et vos ambitions sur le marché français ? De manière plus globale, quelles sont vos ambitions sur le marché français ?
Nous souhaitons faire partie des acteurs leaders sur ce secteur en proposant un produit réellement adapté aux clients français, un site convivial et simple d’accès. Nous avons une approche différente de la plupart de nos concurrents qui proposent un produit plus complexe.
2) Pensez-vous que Betclick remplisse les conditions d’éligibilité ? Comptez-vous demander une licence ?
Nous répondons aux conditions d’éligibilité des licences de jeux en ligne existant à ce jour en Europe avec nos licences actuelles. Nous sommes donc confiants sur notre capacité à satisfaire celles de la future licence française. BetClick souhaite effectivement demander une licence en France comme nous le faisons dans chacun des pays européens qui envisagent de la proposer.
3) Quel est, selon vous, le niveau d’investissement à consentir pour s’imposer en France ? Comptez-vous vous associer, comme d’autres, à des acteurs établis en France (médias, etc…) ?
Nous sommes en train d’étudier la meilleure façon de nous développer en France. On sait que l’ouverture du marché va engendrer de nombreux mouvements, dont certains capitalistiques et, de ce fait, nous envisageons toutes les options possibles.
4) Qu’attendez-vous du gouvernement en matière d’imposition ? Quel est, selon vous, le taux d’imposition acceptable ?
La fiscalité est un élément crucial de l’ouverture et pas seulement pour des raisons purement financières pour les opérateurs. Une fiscalité trop forte aurait 2 impacts extrêmement négatifs sur le marché français :
1- Perte de recette pour l’Etat. Il faut comprendre qu’une forte fiscalité se répercuterait sur les joueurs qui vont gagner moins. De ce fait, ils partiront jouer sur des sites étrangers. Ce serait alors une perte de recette pour l’Etat. C’est ce qui se passe actuellement en Italie où nous estimons que plusieurs millions de joueurs jouent sur des sites en dehors de l’Italie (le taux de taxation moyen est de l’ordre de 20% sur le produit brut des paris sportifs). A l’inverse, avec une fiscalité acceptable, les Français vont préférer rester sur des sites de confiance ayant une licence française.
2- Pénaliser les entreprises françaises. Une fiscalité trop forte non seulement empêcherait des entreprises françaises de se développer à l’international en les privant de capacité à réinvestir, mais les pénaliserait également sur le sol français : elles seraient alors en concurrence avec des sociétés européennes aux capacités d’investissement élevées grâce aux bénéfices générés sur les autres marchés à la fiscalité inférieure.
Pour ces 2 raisons, il m’apparait très important de rester dans une fourchette moyenne raisonnable qui, au vu de ce qui se pratique en Europe, me parait être aujourd’hui entre 5 et 10% du produit brut des jeux. Il ne faut pas oublier qu’un opérateur comme BetClick en étant implanté en France, serait générateur d’emplois, d’investissement fort dans le sport et les média, et paierait par ailleurs bien entendu l’impôt sur les sociétés.
5) Les ligues sportives semblent aussi gourmandes en terme de retour financier de la part des sites de paris sportifs. Cette demande vous semble-t-elle acceptable, et si oui, dans quelle mesure ?
Il y a plusieurs moyens d’aider au financement du sport. Notamment, BetClick souhaite dès que possible investir sous forme de sponsoring dans le sport : dans le football mais aussi dans les sports moins médiatiques. En Italie, la filière sport a bénéficié de 450M d’euros après l’ouverture des jeux en ligne contre 200M d’euros avant.
En revanche, nous ne sommes pas convaincus du bien fondé juridique de ce droit aux paris. Cela n’existe nulle part en Europe.
Nicolas Beraud, merci.
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