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Ladbrokes serait en discussions avec Playtech en vue d’une fusion évaluant le groupe a 2,2Mds€ et créant un géant B2C et B2B des jeux en ligne. Mais ce n’est pas sous cet angle qu’il faut voir un tel accord. Plutôt, il faut revisiter l’accord que Playtech avait signé avec William Hill en octobre 2008 pour voir les mêmes schémas apparaitre en 2011.
Le bookmaker britannique Ladbrokes aurait entamé des discussions préliminaires avec le fournisseur de plateformes de jeux en ligne Playtech en vue d’une fusion des deux sociétés qui évaluerait la nouvelle entité à environ 2,2Mds£ (2,6Mds€), selon le quotidien britannique The Daily Telegraph.
Les chiffres sont certes impressionnants, mais il est important de placer ces développements dans le contexte des deux sociétés mentionnées. L’article du Telegraph mentionne aussi l’autre géant du bookmaking anglais William Hill comme étant un obstacle de taille à un tel accord, puisque ce dernir avait créé William Hill Online en octobre 2008 suite à son accord avec Playtech.
Ladbrokes a totalement remanié l’équipe directrice de sa division des jeux en ligne et avec son nouveau directeur général Richard Glynn cherche le meilleur moyen pour redorer son blason igaming. Le groupe continue ses discussions avec 888 et aurait donc aussi entamé des pourparlers avec Playtech.
Playtech a refusé de faire tout commentaire à ce sujet, mais un porte-parole de Ladbrokes a déclaré à iGamingFrance : « Nous sommes en discussions avec de nombreux contacts et voulons reprendre des couleurs en ce qui concerne les jeux en ligne. Si nous n’y arrivons pas de manière organique, nous sommes prêts à le faire à travers des acquisitions ou des fusions avec d’autres sociétés. Nous voulons renforcer nos capacités technologiques. Cela dit, je ne voudrais pas non plus exagérer (l’ampleur des contacts avec Playtech, ndlr). »
En somme, Ladbrokes explore toutes les possibilités à sa disposition, ce qui concorde avec l’intention de Richard Glynn depuis sa prise de commande en avril 2010.
Un accord Ladbrokes-Playtech serait un bis de l’accord William Hill-Playtech
Playtech est l’autre acteur clé de cette histoire et pour placer tout accord avec Ladbrokes ou un autre groupe similaire dans un contexte historique, il suffit de se souvenir de l’accord que le groupe avait signé avec William Hill en octobre 2008 et qui a vu la création de William Hill Online.
A l’époque, Playtech avait racheté un « certain nombre d’actifs » appartenant à Teddy Sagi, le fondateur et actionnaire à 40% du groupe, pour 144,5M£ (170M€), avant de transférer ces biens à William Hill pour un actionnariat de 30% dans William Hill Online, la nouvelle division ‘online’ du bookmaker créée spécifiquement pour accommoder l’accord. Ces « actifs » comprenaient des sociétés d’affiliation et des sites de casinos et de poker aux noms de Six Digits et Uniplay, et surtout CPays, un des gros groupes d’affiliation fondé par Sagi et travaillant dans le giron de Playtech.
En 2011, il suffit de remplacer CPays par Europartners, la société majeure d’affiliation appartenant à Playtech et que Sagi veut vendre avant mars cette année. Si mars 2011 semble être une date arbitraire, il faut revisiter une déclaration du directeur financier de Playtech Shuki Barak au Financial Times en juin 2009 pour comprendre pourquoi. Barak avait déclaré : « Playtech examine un certain nombre d’acquisitions potentielles, dont une d’une valeur de 500M$ à 750M$ dans le secteur de marketing (affiliation, ndlr) de jeux en ligne. »
L’article avait ensuite mentionné une option d’achat que Playtech a sur un groupe travaillant dans le domaine de marketing des jeux en ligne et qui arriverait à son terme en mars 2011. Ce groupe est Europartners et il ne sera probablement pas vendu pour 500M$ ou plus à cause de la récession, mais cela explique les rumeurs d’accords entre Playtech et d’autres groupes majeurs de jeux à l’heure actuelle. Une fois la reprise accomplie, Playtech ferait la même chose que ce qui avait été fait en octobre 2008 avec William Hill, en intégrant Europartners dans une nouvelle entité corporate créée par Ladbrokes (ou un autre).
Si l’accord se faisait avec Ladbrokes, le groupe quitterait le réseau de poker de Microgaming et rejoindrait le réseau iPoker de Playtech et intégrerait les jeux de casino du groupe israélien, rejoignant ainsi son grand rival William Hill sur la même plateforme. L’article du Daily Telegraph explique qu’un tel accord transformerait Ladbrokes d’une entreprise au focus purement B2C en un fournisseur de logiciels de paris, casino et poker en ligne. Une situation qui serait rendue encore plus complexe par le fait que Playtech fournit certains des grands rivaux de Ladbrokes, tels Betfred, Paddy Power et bien sur, William Hill.
Mais ce n’est pas sous cet angle qu’il faut voir un tel accord. Plutôt, Teddy Sagi a décidé de vendre Europartners à Playtech, la date limite de mars 2011 pour l’option d’achat approche, et le meilleur moyen pour Playtech de conforter son statut une fois la reprise d’Europartners accomplie sera d’effectuer la même opération que ce qui avait été fait avec William Hill il y a un peu plus de deux ans.
Quant à William Hill, il va sans dire que le groupe verrait un tel accord d’un très mauvais œil, mais il est difficile de voir comment il pourrait le stopper.
Catégories : Analyse, Finances
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