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Par Jake Pollard - 23 avril 2010

Edito : Guerre des mots ou intox, les sites illégaux ne seront qu’à un clic de souris

L’ouverture du marché francais des jeux en ligne mènera-t-elle à la grande fuite de joueurs francais vers les sites illégaux ? C’est ce que prédisent et craignent nombre des opérateurs privés qui sont en train de déposer leur demande d’agrément.

Certes, ces déclarations doivent être prises avec mesure du fait des campagnes de relations publiques opposant la Francaise des jeux et le Pari Mutuel Urbain à ces opérateurs privés ; mais il faut admettre qu’elles ont aussi une part de vérité et sont pertinentes à la France.

Après tout, l’offre régulée qui se dessine  actuellement a de quoi déprimer un joueur ou parieur francais habitué à un large choix de produits de paris sportifs ou de poker en ligne.

Que ce soit le taux de retour aux joueurs qui va forcer les opérateurs à offrir des cotes moins attrayantes ou la liquidité et le prize pool réduits du poker franco-français, le joueur en ligne français qui a un peu d’expérience se verra confronté à une offre très différente de ce à quoi il a pu être habitué.

Alors, certes, la grande majorité des joueurs novices ouvriront leurs nouveaux comptes chez les opérateurs régulés, mais qu’en sera-t-il de ceux qui ont plus d’expérience et qui veulent jouer sur des sites avec des offres plus attrayantes ?

Tout simplement, ils iront vers les sites non-agréés qui proposeront de meilleures offres et même si les autorités françaises patrouillent le web avec beaucoup de vigilance, il leur sera impossible d’empêcher ce genre de mouvement.

Nombre de sites non-licenciés n’accepteront pas ces joueurs francais, mais nombre d’autres ne seront pas aussi sélectifs, et ces derniers ne seront pas des opérateurs gérés par des gangs de criminels basés au fin fond des Caraïbes, mais des sociétés basées et licenciées dans la zone économique européenne, qui n’ont pas fait de demande d’agrément ou de marketing spécifique en France mais continuent d’accepter les joueurs francais.

Bien sûr, cela ne dérange pas le PMU ou la FDJ, car ils ont les ressources financières et le modèle de travail qui leur permettra de continuer à dominer le secteur. De plus, qui dit joueurs novices dit petites mises et joueurs perdants, la combinaison rêvée. Mais les joueurs expérimentés parient plus gros en général, les ‘high rollers’ représentant souvent 90% du chiffre d’affaires de nombre d’opérateurs (le fameux ratio 90/10 du secteur : 10% des joueurs générant 90% du CA). Certes, ces joueurs ne seront pas tous des ‘high rollers’, mais un exode assez élevé de ces clients est envisageable.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant d’entendre les opérateurs privés vanter leur spleen à propos de la loi sur les jeux en ligne, intox ou pas.

Catégories : Tribune / Opinions

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