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Par Jake Pollard - 9 avril 2010

Edito : Le 6 avril 2010, date historique pour l’igaming français, ainsi que pour Full Tilt et PokerStars ?

La semaine a été dominée par le vote de l’Assemblée sur le projet de loi de l’ouverture à la concurrence du marché français des jeux en ligne, mais les poursuites initiées par les autorités fédérales américaines ainsi que par celles de l’Etat du Kentucky contre Full Tilt Poker, PokerStars étant aussi dans leur ligne de mire selon plusieurs sources, pourraient être une étape juridique aussi importante que celle du vote des députés français mardi 6 avril.

Certes rien n’est garanti ; si le Department of Justice n’a toujours pas amené les dirigeants de sites de poker prenant des paris américains devant les tribunaux c’est qu’il y a une bonne raison : prouver l’illégalité du poker en ligne aux Etats-Unis est extrêmement difficile, au contraire du pari sportif. C’est pourquoi des poursuites pour blanchiment d’argent, plutôt que les questions de légalité (ou pas) du poker en ligne, représentent le moyen le plus sûr pour les autorités américaines d’obtenir gain de cause devant les tribunaux.

Mais quelle est la relation entre le numéro deux mondial du poker sur internet poursuivi par la justice américaine et l’industrie des jeux en ligne européenne ?

Elle est très simple : la raison pour laquelle Full Tilt et le leader mondial PokerStars sont de loin les deux opérateurs leaders de poker en ligne est parce qu’ils  ont continué à opérer aux Etats-Unis suite au Unlawful Internet Gambling Enforcement Act de 2006, contrairement à PartyGaming, Paradise Poker ou les réseaux Playtech et Ongame.

La masse de joueurs américaine dont ‘Tilt’ et ‘Stars’ bénéficient leur donne un avantage clé : plus de joueurs veut dire plus de prize pool, qui veut dire plus de ‘sharks’, de ‘whales’ et de ‘high rollers’ pariant gros et contribuant à un chiffre d’affaires à peine croyable pour ces deux sociétés (une visite rapide sur Pokerscout.com illustre très bien la différence de masse joueurs entre ces deux sites et le reste des opérateurs et réseaux non-US).

Ces recettes sont ensuite réinvesties dans leurs budgets promotionnels, pour lesquels il ne semble pas y avoir de limites, au contraire, et à la grande frustration, de leurs concurrents ne prenant pas de paris américains. Les anecdotes où un operateur européen est sur le point de signer un sponsorship avec un média TV ou presse et un de ces deux opérateurs offre près de dix fois la somme sur laquelle les deux parties s’étaient mis d’accord à l’origine sont bien connues.

Le fait que Full Tilt ou PokerStars soient poursuivis par le FBI n’est pas surprenant, et ces actions peuvent durer une éternité sans aboutir à des résultats concrets. Mais si les autorités américaines réussissent à les empêcher de travailler sur le territoire américain, il sera fascinant de voir l’effet que cela aura sur leurs puissances de feu marketing et sur les marchés régulés comme la France, où la notoriété et le branding joueront des rôles clés lorsque les operateurs seront en droit d’annoncer ouvertement dans les médias français.

Le 6 avril 2010 sera toujours une date historique pour le jeu en ligne français et européen ; pour des raisons très différentes, elle pourrait l’être aussi pour Full Tilt Poker et PokerStars.

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Catégories : Analyse, Tribune / Opinions

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