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Par Jake Pollard - 24 septembre 2011

Edito : Qui d’autre à la reprise de Full Tilt ?

Laurent Tapie souhaiterait investir à hauteur d’ « environ 10% de la somme nécessaire pour acquérir » Full Tilt Poker et dont le site aurait besoin pour rouvrir, rembourser ses joueurs et relancer ses activités de poker en ligne, les négociations avec plusieurs autres repreneurs potentiels continuent, une lettre d’intention a été signée par un autre investisseur, et, dixit le bloggeur Bill Rini, « le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad est en fait le mystérieux repreneur potentiel de Full Tilt » et « le cas contre Chris ‘Jesus’ Ferguson est abandonné après qu’il ait offert de rembourser les joueurs avec des poissons et du pain ».

Les deux dernières hypothèses sont du grand n’importe quoi bien sûr et illustrent à quel point il est difficile de croire ou vraiment prendre au sérieux toutes les rumeurs émanant du fiasco Full Tilt Poker.

Ce qui est clair c’est que des négociations sont en cours et selon certains, Tapie a bien visité les bureaux de Full Tilt à Dublin en aout. C’est d’ailleurs la seule raison pouvant expliquer que  Full Tilt n’ait pas encore été totalement fermé par l’Alderney Gambling Control Commission et l’Autorité de régulation des jeux en ligne ; ou qu’aucune date limite n’ait été annoncée par les deux régulateurs en ce qui concerne la conclusion d’un accord par Full Tilt.

Mais l’autre question soulevée par une reprise éventuelle de Full Tilt est : pourquoi ? Certes la sa plateforme technologique est de qualité, mais à part cela, qu’offre le groupe à un repreneur à part d’énormes problèmes juridiques et financiers ?

D’autant plus qu’au niveau de ses parts de marché, Full Tilt n’avait d’yeux que pour les Etats-Unis ou presque, au contraire de PokerStars, qui avait diversifié ses territoires et dont les joueurs ne représentaient plus que 30% (environ) de son trafic au moment de Black Friday. Donc le fait que Stars ne pourra pas y opérer une fois le secteur US régulé n’a pas un impact comparable sur ses activités. D’ailleurs lorsqu’on entend certains commentateurs parler du retour de Full Tilt dans le marché américain et qu’ils donnent l’impression de réellement y croire, on se demande vraiment sur quelle planète ils habitent.

Suite aux accusations publiées par le Département de justice américain mardi contre les dirigeants de Full Tilt, il était aussi intéressant de voir les réactions de différentes personnalités du poker. Tom ‘Durrrr’  Dwann, un des pros du team Full Tilt mais qui n’est ni actionnaire ou dirigeant du groupe, a offert 1M$ de sa propre poche aux joueurs du site.

Quant à Ray Bitar, Chris Ferguson ou Rafael Furst, tous accusés par le DOJ et qui ont empoché  des millions de dollars des comptes de leurs joueurs depuis la création du site, silence complet, tout d’abord. Furst a ensuite publié un post sur son blog s’exonérant de toute mauvaise conduite, « ne croyez pas tout ce que vous lisez » a-t-il déclaré, avec les réponses que vous pouvez imaginer. Qui a dit que les américains n’avaient aucun sens de l’ironie ?

Les avocats de Bitar et Ferguson de leur coté ont expliqué que c’était plutôt de la négligence et de la mauvaise gestion de la part de leurs clients, mais qu’ils n’étaient pas des criminels ou coupables de fraude. (Leurs clients se servent des fonds de leurs joueurs pour financer leurs trains de vies et ne donnent aucune indication qu’ils vont leur rendre et ce ne qu’est de la négligence ? )

En ce qui concerne la France, Full Tilt devrait environ 5M$ aux joueurs français, pas une somme énorme dans le monde des affaires, mais plus un accord de reprise tarde, plus cela coutera cher en réputation, image et mauvais presse, qui, avouons-le, n’est déjà pas fantastique ; pour le secteur, l’ARJEL et tout le monde qui y est associé. Espérons qu’ils y arrivent.

Article en relation : Poker : Laurent Tapie serait l’investisseur français en discussions avec Full Tilt Poker

Catégories : Droit/Législation, Europe, Finances, France, USA

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