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Par admin - 30 octobre 2008

Emile Servan-Schreiber, Newsfutures : « On met en avant les dangers des paris, sans citer les avantages dont peut profiter la société »

Emile Servan Schreiber Fondateur et patron de NewsFutures.com depuis 2000, Emile Servan-Schreiber a bien voulu répondre à nos questions.

Emile Servan Schreiber, bonjour. Vous êtes le créateur de Newsfutures, et par la même occasion, un expert des sites de paris en ligne de type « betting exchange ». Pouvez-vous nous expliquer ce type de paris ?

Les sites de « betting exchange » sont des sites de sur lequels vous pouvez échanger des paris sportifs de façon anonyme avec d’autres parieurs. On parle de « Bourse des paris » en français. Sur un site de « betting exchange », vous pouvez parier, comme en Bourse, à l’achat ou à la vente.

Principal avantage des sites de « betting exchange » : les côtes sont plus intéressantes que celles diffusées par les bookmakers. Pourquoi ? Parce que les bookmakers prennent une marge sur les paris qu’ils proposent et pas les sites de « betting exchange ». Le sites prélèvent une commission de l’ordre de 2 à 5% sur les montants des gains nets du vainqueur du pari. C’est en moyenne 5% de moins que dans le cas des paris à la côte.

Principal inconvénient des sites de « betting exchange » : vous ne pouvez parier que si d’autres parieurs sont près à échanger un pari avec vous. Ce n’est pas toujours le cas, notamment pour les sports moins médiatiques. Autre point faible : le principe et le placement d’un pari est bien plus compliqué que chez un bookmaker traditionnel, et donc plus difficile d’accès. Autre point faible : il est impossible de faire des paris combinés.

Les principaux sites de « betting exchange » sont : Intrade, IEM, Betfair. Newsfutures rentre aussi dans cette catégorie.

Quelles sont précisément les différences entre les sites que vous citez : Intrade, IEM, Betfair ou encore Newsfutures ?
Sur le plan de la « mécanique », les 4 sites ne se distinguent pas vraiment. C’est plus sur le modèle économique qu’ils se distinguent :

- Newsfutures, que j’ai créé, ne permet pas de parier de l’argent réel. Ce n’est donc pas à proprement parler un site de jeux d’argent mais plus un site de divertissement et une manière de s’initier à ce type de paris (ou plutôt de pronostics). Née au début des années 2000, il rassemble plusieurs milliers de joueurs par jour. Il est aujourd’hui plutôt une vitrine pour notre activité de prestation de solutions prédictives aux entreprises.

- Intrade est une société possédant une licence de jeux en Irlande. Elle se présente, comme Newsfutures, comme une « bourse des pronostics » (ou « predictive market ») et permettant de jouer de l’argent réel. Elle a été fondée en 2001 et rassemble plus de 80 000 membres. A la différences de Betfair, elle ne se présente pas comme un site de paris en ligne.

- IEM (Iowa Electronic Market) est un projet américain. Développé au sein de l’université d’Iowa, le site est un projet associatif sans visée commerciale (« non profit organisation »). A ce titre, il bénéficie d’une exemption à l’interdiction américaine sur les paris en ligne. Fondé en 1998, il ne permet néanmoins de jouer que des sommes restreintes : 500 $ par joueur et par an.

- Betfair est la plus importante plate-forme d’échanges de paris en ligne au monde. Betfair est basé au Royaume-Uni, et détient des licences additionnelles en Allemagne, en Autriche, à Malte, ainsi qu’en Australie. L’entreprise, fondée en juin 2000, emploie 1200 salariés. Betfair centralise plus de 15 fois le volume de transactions quotidiennes de la Bourse de Londres (le London Stock Exchange) ; 5 millions de transactions sont traitées chaque jour en moins d’une seconde !

Pourquoi, à votre avis, le « betting exchange », présente-t-il plus d’intérêts que le bookmaking ou les paris mutuels ? Peut-il avoir un rôle « social » ? L’interdiction de ce type de paris par le gouvernement est-elle une erreur ?

Il est fort dommage de constater que le projet français de légalisation des paris en ligne prévoit non seulement de limiter les paris aux sujets sportifs (les moins intéressants en terme d’information utile à la société) mais aussi d’interdire les “betting exchanges” au profit des seuls bookmakers. C’est totalement idiot. Peut-on imaginer que les argument fallacieux avancés par les autorités françaises contre les betting exchanges comme Betfair sont le fruit d’un puissant lobby de bookmakers qui n’apprécient pas cette concurrence ? On sait qu’ils ont dans le passé essayé de faire interdire Betfair en Angleterre…

Etant donné la grande qualité de l’information qui peut être extraite, les sites de « betting exchange » ont un véritable intérêt pour les consommateurs (joueurs) et pour la société. Pour les joueurs, les sites de « betting exchange » offrent des meilleurs « prix », ils sont nettement moins chers.

Pour la société, l’histoire et plusieurs études ont montré que les sites de « betting exchange » sont des outils très fiables de prévision, bien plus fiables que les sondages (voir à ce sujet un article sur Agoravox). C’est donc un outil d’une forte utilité pour la société dans tous les domaines (politique, finance, etc…).

Aux Etats-Unis, il y a ainsi un lobby très prestigieux d’économistes de haut vol, comprenant plusieurs lauréats du Prix Nobel, qui demande la légalisation encadrée des “prédiction markets” au motif du grand service que leurs prévisions objectives et fiables pourraient rendre à la société (télécharger un article à ce sujet – en anglais, format Pdf).

Emile Servan-Schreiber, merci

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