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Par Jake Pollard - 11 juillet 2012

Espagne : « L’offre sera variée et attractive, il faudra voir qui sera prêt à tout donner pour se faire une place sur le marché,” Garcia Lasso de la Vega, Wincomparator

Un des faits marquants de la régulation du marché des jeux en ligne espagnol est le grand nombre d’opérateurs internationaux qui ont obtenu des licences pour opérer sur le territoire.

Un régime fiscal plus favorable au travail des opérateurs en est la raison principale, mais pour en savoir plus sur les premières semaines d’activité ibère, iGamingFrance s’est entretenu avec Garcia Lasso de la Vega, country manager Espagne de Wincomparator.

iGamingFrance : L’Espagne vient de réguler son marché des paris sportifs en ligne, quelles sont vos premières impressions ?
Garcia Lasso de la Vega : Premièrement, c’est une très bonne nouvelle que le marché espagnol soit finalement régulé. Le processus a été très lent, avec des informations pas très claires à certains moments importants et une dernière ligne droite assez folle avec des nouvelles décisions du Gouvernement (notamment sur le règlement des arriérés de taxes) qui ont mis un certain degré d’incertitude dans le secteur.

A part cela, les conditions dans lesquelles le marché s’est ouvert sont assez positives en terme de taux d’imposition des différents produits imposés par la DGOJ, l’autorité de régulation. Cela permettra sans doute d’avoir un produit plus attractif et compétitif, en terme de taux de retour aux joueurs (TRJ), cotes et niveau de rake. Le niveau de taxation sur tous les verticaux s’établit a 25% du produit brut des jeux (PBJ).

Il y a encore un grand point d’interrogation au niveau du poker par rapport au manque de liquidité de joueurs dû à l’interdiction de jouer contre d’autres joueurs à l’international et également sur la question de l’imposition des joueurs eux-mêmes. Au niveau des licences, 53 se sont réparties entre opérateurs de jeux, de télévision, internet, agences de publicité et media ; cela offre un panorama très varié, qui aidera sans doute au succès du secteur.

IGF : Quels sont les gros opérateurs sur le marché ?
GLV : Par thématique, en paris sportifs les plus gros sont bwin, Miapuesta (Sportingbet), Bet365 et Betfair. On estime que bwin, Miapuesta et Bet365 représentent plus de 75% de parts de marché (PDM) à eux seuls. Pour le poker, PokerStars est loin devant le reste avec une PDM de plus de 60%. PartyPoker et 888 seront aussi des acteurs importants, mais ils devront lutter avec PokerStars. En casino, les groupes espagnols Codere et Cirsa auront sûrement leur mot à dire.

IGF : Comment sont les cotes de paris sportifs, y a-t-il une grosse différence pré/post-régulation ? Comment la concurrence se manifeste-t-elle et quels sont les opérateurs les plus originaux au niveau marketing ?
GLV : Pour le moment les cotes n’ont pas beaucoup changé par rapport à la pré-régulation, la taxe de 25% sur le PBJ permet aux opérateurs de continuer à offrir des cotes attractives pour les parieurs. Les affiliés vont clairement continuer à être une source très importante d’acquisition de trafic pour les opérateurs dans cette période d’ouverture en Espagne, même si ces derniers auront à leur disposition d’autres supports publicitaires comme la télévision ou la presse pour annoncer.

C’était déjà le cas avant l’ouverture et avec une pénétration croissante d’internet dans la société espagnole, le web représente un canal d’acquisition que les opérateurs ne peuvent pas se permettre d’ignorer. Ceux qui ont des gros budgets comme bwin, Bet365 ou Miapuesta sont ceux qui en général mettent en avant les campagnes les plus originales. Maintenant il faudra voir comment les nouveaux opérateurs vont utiliser leur imagination pour concurrencer avec ceux qui sont déjà installés.

IGF : Beaucoup de bookmakers internationaux (bwin, bet365, Sportingbet) ont pris de grosses PDM et devraient les garder post-régulation, est-ce une différence notable lorsque l’on compare avec la France ?
GLV : En France, les opérateurs comme Betclic ou bwin ont légèrement baissé sur les PDM qu’ils avaient avant la régulation. A eux deux, ils détiennent environ 55%-60% de PDM. Sur les 40-45% restant, le PMU en a visiblement pris une bonne partie. En Espagne il est encore un peu tôt pour dire ce que va se passer, mais à la différence de la France, il n’y a pas d’opérateurs avec les puissances marketing de la Française des jeux ou du PMU.

IGF : Le nombre d’opérateurs ayant pris des licences espagnoles est bien plus élevé qu’en France du fait d’un contexte réglementaire plus favorable, devrait-on s’en inspirer ?
GLV : La DJOG a accordé un total de 53 licences en Espagne, mais certains opérateurs de paris sportifs lanceront leur site pendant l’été, donc le chiffre exact ne sera disponible qu’à la fin août. Ce qui est sûr, c’est que plus il y a d’opérateurs plus l’offre sera variée et attractive, mais une autre question sera de savoir s’il y a de la place pour autant d’opérateurs…

IGF : Comment le marché va-t-il se développer dans les prochains mois ?
GLV : On s’attend à une augmentation du nombre de parieurs online grâce aux actions marketing des différents opérateurs, mais on verra surtout quels sont les nouveaux bookmakers qui sont prêts à tout donner pour se faire une place dans le marché espagnol. Dans l’affiliation, il y aura peut-être quelques nouveaux entrants mais le gros du marché va être composé des acteurs déjà présents.

 

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Catégories : Europe, Interview

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