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Par Jake Pollard - 23 mars 2011

France : Le marché des jeux en ligne n’est pas viable sur le long terme sous les conditions actuelles

Les opérateurs de jeux en ligne agréés doivent avoir la possibilité d’élargir leur offre de produits de jeux en ligne pour que le modèle économique du secteur en France soit viable, a déclaré Nicolas Beraud, président de Betclic Everest Group, lors du colloque parlementaire qui s’est tenu mardi à la Maison de la chimie.

Intervenant lors du panel d’ouverture du colloque, Béraud a déclaré que la régulation dans l’ensemble  avait été un succès et de manière générale permet aux opérateurs de travailler dans un marché qui avait besoin d’être régulé. Cependant, la question clé du manque d’attractivité de l’offre des paris sportifs du fait de la taxation sur les mises des parieurs joue, et continuera de jouer un rôle  vital sur le futur développement du secteur.

« Le but de la loi sur les jeux en ligne est de capter le marché illégal : en partie cet objectif a été atteint mais pas complètement et l’offre n’est pas attrayante. Le fait de taxer les mises impacte le produit des opérateurs avec des cotes peu attractives. Je vais vous donner un exemple : lors de l’affiche de Champions League Real Madrid-Lyon, la plupart des cotes pour Lyon sur les sites agréés en France tournaient autour de 6/1 ou  7/1. Sur les sites étrangers, elles étaient entre 10/1 et 12/ 1, » a déclaré Béraud.

François Baroin, Ministre du Budget, a insisté que le législateur francais ne comptait pas procéder à des modifications majeures de la loi sur les jeux en ligne lors de la clause de revoyure à la fin de l’année, et a déclaré que les autorités comptaient poursuivre les gros joueurs (parieurs, ndlr), qui représentent entre 10 et 15% des parieurs français, et qui contournent les restrictions en vigueur en France afin de jouer sur des sites étrangers où les cotes sont meilleures.

Le Président de l’Autorité de régulation des jeux en ligne Jean-François Vilotte a pour sa part déclaré : « La meilleure arme contre les sites illégaux est en effet l’attractivité  des sites légaux. Une réflexion doit être faite sur le modèle économique actuel des jeux en ligne, mais ne simplifions pas le sujet : le coût des campagnes publicitaires a représenté 94% du produit brut des jeux des opérateurs : dans ces conditions il est difficile de gagner de l’argent, surtout  si l’on ajoute 40% de frais de structure. Donc clairement il y a une réflexion à avoir sur nombre de questions (assiette des prélèvements, TRJ, cotes, ndlr), mais la recherche du point d’équilibre pose toujours des questions, mais ne simplifions pas les débats au risque de le fausser. »

La majorité des intervenants s’est accordée à dire que dans l’ensemble le travail accompli par le législateur français et l’Autorité de régulation des jeux en ligne avait été remarquable, mais Emmanuel de Rohan Chabot, fondateur et dirigeant de Zeturf, a prévenu des risques qu’encourait le secteur si la législation n’était pas relâchée de manière à donner aux opérateurs privés la possibilité de croitre leurs groupes.

« La loi est censée profiter aux consommateurs, mais pré-régulation 1€ misé générait environ 8€ de jeu pour les paris hippiques en ligne, alors que dans l’environnement régulé, 1€ de jeu génère environ 3,2€ de jeu pour ce produit.  Donc le cout de jeu, ou l’acte de jouer, pour le parieur est presque trois fois plus cher depuis la loi sur les jeux en ligne  et le coût de la fiscalité est replacée sur les  joueurs, » a déclaré Rohan Chabot, qui a aussi insisté sur les risques majeurs au long terme pour le secteur.

« Si nous continuons sous le système actuel, la plupart des opérateurs privés vont disparaitre et nous nous retrouverons dans une situation de monopole de fait. Ce qui se passera alors c’est que les joueurs iront à l’étranger ou sur des sites non-régulés où les cotes sont meilleures. »

Catégories : France

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