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Par Jake Pollard - 6 avril 2010

Full Tilt Poker accusé de blanchiment d’argent ?

Les autorités fédérales américaines seraient-elles sur le point d’escalader leurs manœuvres contre le jeu sur Internet et d’attaquer Full Tilt Poker pour blanchiment d’argent et violation de lois américaines anti-jeux?

Selon le Financial Times, le numéro deux mondial du poker en ligne basé à Dublin et licencié à Alderney et certains de ses dirigeants comme Chris Ferguson et Howard Lederer, tous deux joueurs de poker professionnels à la renommée mondiale, seraient sous investigation par le Federal Bureau of Investigation (FBI) et pourraient être accusés de blanchiment d’argent.

Full Tilt Poker et PokerStars sont les leaders mondiaux du poker en ligne et ont atteint ce stade lorsqu’ils ont continué à accepter les paris de joueurs américains suite au passage du Unlawful Internet Gambling Enforcement Act  (UIGEA) en 2006, alors que les opérateurs leaders de l’époque comme PartyPoker, 888 ou Paradise Poker se retiraient du marché au même moment.

Selon Eric Jackson, l’avocat représentant Lederer, Ferguson et un éditeur de logiciels lié à Full Tilt, ses clients n’ont pas été informés de l’enquête du Federal Grand Jury de New York.

Pour Nelson Rose, avocat  californien spécialisé dans le jeu en ligne, les autorités « mènent une guerre d’intimidation. Il n’y a pas beaucoup de bons statuts (juridiques relatifs au poker en ligne), c’est pour cela qu’ils visent les cibles à haut  profil, pour essayer d’intimider » tous ceux impliqués dans le monde du poker en ligne aux Etats-Unis.

Un tel développement pourrait  aussi être lié aux enquêtes que le FBI mène parmi les joueurs de poker en ligne habitant les états comme Washington, où le poker en ligne est interdit pour ses citoyens.

Pour les analystes de Daniel Stewart à Londres, la manœuvre des autorités américaines est intéressante  car elle serait liée au blanchiment d’argent et aux transferts de fonds liés aux jeux, plutôt qu’à la question de la légalité du poker en ligne. Elle aurait donc beaucoup plus de poids que le UIGEA ou le Wire Act des années 60, qui avait été établi pour combattre  les paris sportifs illégaux aux Etats-Unis.

Toute poursuite pour blanchiment d’argent pourrait aussi être conduite à un niveau international et pourrait s’appuyer sur une jurisprudence déjà établie. Les enquêteurs fédéraux se serviraient aussi du profil média considérable de leurs cibles pour glaner tout soutien politique nécessaire à leur cause, plutôt que d’attaquer un opérateur spécialiste basé dans une juridiction offshore.

Toujours selon Daniel Stewart, une telle enquête nuirait  à Full Tilt Poker et sa masse de joueurs qui représente environ 20% du marché et pourrait être le précurseur pour une enquête sur le leader mondial PokerStars.

De telles  actions entraineraient aussi une baisse des prix pour les annonceurs en Europe, qui sont souvent sujet à une vente aux enchères pour les espaces publicitaires ou de sponsoring du fait de la puissance de feu marketing des opérateurs bénéficiant de la liquidité de joueurs américains.

La publicité entourant l’enquête, surtout si elle devient internationale, pourrait aussi bénéficier plusieurs projets de loi actuellement proposés aux Etats-Unis cherchant à réguler le poker en ligne.

En attendant, les opérateurs et réseaux n’acceptant pas les paris américains sont surement impatients de voir si les actions des autorités américaines auront l’effet souhaité de leurs points de vues.

Catégories : Droit/Législation, USA

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