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Par Alexandra Musseau - 16 décembre 2010

Hippisme: Grégoire Dufay, Directeur de communication Betnet : « Avec 15 000 clients qui jouent en moyenne 400 € par mois, une société comme Betnet est rentable fin 2011″

Gregoire Dufay

Pour clore notre dossier hippisme, iGaming France a interrogé Grégoire Dufay, Directeur de communication de la société Betnet, qui a fait son entrée dernièrement sur le marché des paris hippiques en ligne. Ce nouvel acteur rappelle qu’en effet la fiscalité supportée par les opérateurs hippiques français est la plus élevée d’Europe et accueille positivement le récent aménagement de 1,1% qui réajuste le déséquilibre par rapport à la fiscalité des paris sportifs.

Concernant les perspectives du marché, malgré une forte fiscalité et un avantage concurrentiel du PMU, il affirme qu’une société comme Betnet peut obtenir 5% de part de marché et être rentable fin 2011.

iGF – Êtes-vous favorable au paiement de la redevance de 8% ?

Grégoire Dufay – Cette redevance doit couvrir tous les frais liés à l’organisation des courses, qu’elle soit affectée pour le moment à l’Etat, est une péripétie temporaire parce qu’il y a une discussion avec Bruxelles. Toutefois, cette cuisine-là en tant qu’opérateur ne nous concerne pas. On ne va pas redéfinir toutes les règles maintenant, on est entré sur le marché en connaissance de cause. On verra bien ce qu’il adviendra au moment de la clause de revoyure.

iGF – Quelles sont les spécificités du marché des paris hippiques en ligne ?

GD – Pour faire un décryptage du démarrage du marché et la raison pour la quelle les opérateurs n’ont pas fait de publicité, c’est que dans les paris hippiques la compétition a commencé plus tardivement. Contrairement aux paris sportifs, il y a eu un début de concurrence à partir de septembre et le profil des sociétés, qui se sont lancées dans l’hippisme, est très différent de celui des sociétés dans les paris sportifs. Aujourd’hui, il y a deux généralistes que sont BetClic et Eurosportbet, les autres sont des opérateurs spécialisés, je mets bien sûr le PMU à part. Il est difficile de juger le marché de l’hippisme, on est au tout début de la concurrence, la vraie bagarre commencera en 2011, avec l’arrivée aussi Unibet.

iGF – Quelles sont les perspectives pour Betnet ?

GD – Le marché des paris hippiques en ligne, évalué à 1Mds€, va prendre 20 à 30% en 2011. Betnet est un opérateur de niche, qui veut prendre des parts de marché de niche, on espère fin 2011 être à hauteur de 5% de part de marché et, si on y arrive, on ne sera pas loin de la rentabilité. On peut réaliser 10 à 15 000 clients au bout de 6 mois, donc si on atteint 15 000 clients fin 2011 qui jouent en moyenne 400 € par mois, Betnet sera rentable.

Les opérateurs de paris hippiques, étant de plus petites tailles que ceux des paris sportifs, ont observé comment cela se passait au moment de l’ouverture et tout le monde a vite compris que le coût d’acquisition était très important, c’est un élément a surveillé de très près. Aussi pour que Betnet soit rentable dès l’année prochaine, il nous faut bien maitriser les coûts d’acquisition et ce dès le démarrage.

Notre stratégie est de faire du recrutement sur le web, mais aussi offline par des opérations de promotion. On a la conviction qu’un certain nombre de parieurs points de vente peuvent potentiellement devenir des parieurs online dans les mois qui viennent. Cette transformation le PMU l’a bien réussie et nous sommes persuadés que les habitudes de consommation sont en train de changer et qu’un nombre de turfistes vont devenir des parieurs web. Sur le web, notre première campagne de communication a commencé le 3 décembre et il est vrai que les premiers signes de recrutement sont plutôt encourageants.

iGF – Pourquoi avoir adhéré à la masse commune de Zeturf ?

GD – Le grosse problématique, aujourd’hui, des opérateurs nouveaux entrants face à l’énorme avantage concurrentiel du PMU.fr, qui pesait déjà avant l’ouverture 750 M€, c’est que si vous avez un parieur qui vient jouer un gros pari chez Betnet ou chez un autre opérateur, le pari risque d’effondrer la cote, donc il va jouer contre lui et, dans ce cas, il n’y a que le PMU avec ses liquidités qui peut absorber ce genre de pari, avantage qu’il a grâce à sa masse point de vente.

C’est pour cette raison que Betnet a adhéré à la masse de Zeturf pour constituer une masse alternative à celle du PMU. Nous globalisons nos enjeux avec Zeturf, mais après chacun calcule son taux de retour aux parieurs. Cela nous laisse une liberté commerciale et ça crée une vraie concurrence. Je ne sais pas s’il y a de la place pour plusieurs masses alternatives, mais quand on regarde le marché le PMU pèse 80% des enjeux en ligne, Zeturf 15% environ, les autres se partagent les 5% restants. Ceci étant dit, le marché en est qu’au démarrage, nous verrons bien l’année prochaine ce qu’il en sera.

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Catégories : Interview

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