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Par admin - 24 juillet 2008

L’Inserm publie une étude sur l’addiction aux jeux d’argent et de hasard

Logo InsermSous le titre « Jeux de hasard et d’argent. Contextes et addictions« , l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) publie une étude sur la question de l’addiction aux jeux d’argent et de hasard en France. Et pour la première fois, cette étude intègre les jeux en ligne.

Cette étude, réalisée à la demande de la Direction générale de la santé sur la problématique de santé
publique associée aux jeux de hasard et d’argent, présente les travaux du groupe d’experts réuni par l’Inserm dans le cadre de la procédure d’expertise collective.
Afin de répondre à cette demande, l’Inserm a réuni un groupe pluridisciplinaire d’experts en histoire, sociologie, économie de la santé, épidémiologie, psychologie, neurobiologie, psychiatrie et addictologie. Ce groupe a structuré sa réflexion sur les jeux de hasard et d’argent ainsi que sur les jeux vidéo et Internet autour de plusieurs approches : historique et sociologique, psychologique et neurophysiologique, clinique et enfin une approche de santé publique. La manière d’appréhender les problèmes de jeu dans quelques pays a constitué un autre axe de réflexion. Au cours de dix séances de travail, le groupe d’experts a analysé environ 1 250 articles rassemblant les données disponibles au plan national, européen et international sur le jeu, son contexte, les comportements ludiques et l’addiction.

Si pour la majorité des joueurs, ces jeux constituent une activité récréative, leur pratique peut atteindre chez certains la dimension d’une « conduite addictive », avec des conséquences sociales et financières importantes, souligne l’expertise de l’Inserm. L’inserm, qui apporte un éclairage scientifique sur cette question, évalue, sur la base d’études réalisées à l’étranger, entre 1 et 3% la proportion des joueurs qui « présentent une façon excessive de jouer », pathologique, c’est à dire considérée comme une maladie, ou simplement « problématique ».

Le sujet le plus à risque a « le profil d’un homme jeune, sans emploi et à faibles revenus, célibataire et peu intégré sur le plan socioculturel », selon le groupe d’experts réuni par l’Inserm (histoire, sociologie, économie de la santé, épidémiologie, psychologie, neurobiologie, psychiatrie, addictologie).

« L’évolution est particulièrement inquiétante », a souligné devant la presse Dominique de Penanster, de la Direction générale de la santé qui avait demandé en 2006 cette « expertise collective » à l’Inserm. Rendus plus visibles par l’augmentation de l’offre, le jeu problématique et le jeu pathologique sont devenus une préoccupation des pouvoirs publics. Le Plan de prise en charge et de prévention des addictions (2007-2011) du ministère de la Santé a intégré la problématique du jeu.

L’expertise de l’Inserm révèle les lacunes françaises en la matière. Selon elle, « la France souffre de nombreuses lacunes dans la prévention du phénomène de jeu dit « pathologique ». « Les lacunes en matière de recherches sur le jeu et la socialisation ludique contemporaine, l’absence d’études systématiques et pluridisciplinaires, l’hétérogénéité des mesures entreprises, différentes instrumentalisations et actions lobbying ont empêché la mesure objective des conséquences de l’exploitation des jeux d’argent« .

Une enquête devrait démarrer à l’automne sur un échantillon important de 15.000 à 25.000 personnes, a indiqué le délégué de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, Julien Emmanuelli.

Les experts recommandent également plusieurs actions de prévention: informer tous les joueurs sur les dommages liés au jeu en mettant « clairement en avant le risque d’une addiction »; offrir une aide, au sein même des espaces de jeux, aux joueurs en difficulté; étendre les fichiers d’ »interdits de jeu » en vigueur dans les casinos à l’ensemble des jeux de hasard et d’argent; développer une ligne d’écoute publique.

Spécifiquement pour les jeux sur internet, ils recommandent que ces sites comportent des liens vers des « sites d’information sur les problèmes liés aux jeux » et que les éditeurs de jeux d’argent en ligne mettent en place un « seuil limite de crédit » et une « obligation de confirmation après un pari ».

L’expertise appelle à « développer plusieurs lieux de repérage et de prise en charge des joueurs à problème » et à évaluer les modalités de prise en charge.

A l’heure de l’ouverture du marché des jeux d’argent, la question de l’addiction sera au coeur des préoccupations du gouvernement dans son projet de libéralisation. C’est pourquoi, nous vous invitons à prendre connaissance de cette étude qu’iGamingFrance a réussi à se procurer et que nous mettons à votre disposition. Attention : la lecture est néanmoins très scientifique !

Source : Télécharger l’étude de l’Inserm ‘Jeux de hasard et d’argent. Contextes et addictions’ (format PDF en française) + Dépêche AFP

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