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Par Jake Pollard - 13 septembre 2010

Interview : « Nous sommes à l’année zéro du secteur en France, » Matthieu Baret, partner chez ID Invest

Le secteur du private equity a toujours appelé à être prudent vis-à-vis du secteur des jeux en ligne. ID Invest (ex-AGF Private Equity) est un des premiers groupes français à s’investir dans le secteur en France, à travers Winamax et ZEturf. Matthieu Baret, partner responsable pour les jeux en ligne chez ID Invest, a accepté de revenir sur les facteurs clés qui ont poussé son groupe à investir dans le secteur, l’image du gaming et les développements à venir pour le secteur en France.

L’intérêt des sociétés de private equity dans le secteur des jeux en ligne français est récent et les investissements d’ID Invest dans le site de poker Winamax (12M€) et l’operateur de paris hippiques ZEturf (9M€) en sont la manifestation la plus claire.

Mais si ces deux investissements ont attiré l’attention des acteurs du secteur il y a peu, la relation entre la société et les jeux en ligne est de plus longue durée, comme l’explique Matthieu Baret, partner responsable du secteur des jeux en ligne chez ID Invest.

« Cela fait deux ou trois ans déjà que nous suivons le secteur, au niveau de ses activités ainsi que ses développements législatifs, » explique-t-il, « qui ont abouti à l’ouverture du marché français cette année. Winamax et ZEturf, qui disposent d’une excellente liquidité ainsi que de plateformes technologiques propres, sont très bien positionnés pour devenir des acteurs majeurs en France. »

Auparavant, Baret avait aussi regardé des opportunités sur le marché italien et faisait partie de l’équipe d’Europatweb, investisseur dans Betfair, la bourse de pairs en ligne. Winamax et ZEturf (et bientôt fournisseur  en  marque blanche en ce qui concerne ZEturf) sont francophones, à la différence de certaines autres grosses cylindrées du secteur. L’image du secteur a-t-elle évolué de manière significative en France et cela a-t-il influé la décision d’investissement d’ID Invest ?

« L’image du secteur n’est pas mauvaise. Avant la régulation du secteur, certains en faisaient parfois un portrait peu flatteur, mais plus maintenant. De plus, le pari hippique est un produit historique et dispose d’un capital sympathie important. »

Si l’arrivée de sociétés telles ID Invest peut paraître novateur en France, ces fonds d’investissements sont actifs dans le ‘gaming’ depuis un moment déjà au niveau international. Que ce soit la fusion-acquisition de la troisième chaine de bookmaker britannique Gala Coral par Candover Investments, Permira et Cinven en 2005  pour 2,1Md£, ou la reprise du casinotier américain Harrah’s Entertainment, qui opère aussi le World Series of Poker, par les fonds de private equity Appollo Management et Texas Pacific Group en 2006 pour 15Md$.

Le secteur des jeux et paris en ligne en France présente-t-il une meilleure opportunité pour le private equity français que son équivalent britannique, qui est dans un marché plus mûr et compétitif et où la croissance y est plus difficile ?

« Le secteur du pari en ligne est encore jeune mais il est clair que d’autres  sociétés de private equity vont s’y intéresser et les grands  acteurs ne sont pas encore établis, » explique Baret. « Nous sommes à l’année zéro du secteur en France et nous allons continuer à garder un œil attentif sur l’industrie en général. »

Le secteur se consolidera en France dans les deux années à venir et en tant que fonds de private equity, ID Invest voudra rentabiliser son investissement. Quel est le timing de la société sur ses financements auprès de Winamax et ZEturf ?

« Il va y avoir une consolidation rapide car tous les acteurs ne pourront pas s’en sortir; de gros acteurs étrangers vont également s’intéresser au marché français. Je pense qu’une période de 2 à 5 ans (pour une stratégie de sortie) est réaliste. Nous observons aussi ce qu’il se passe au niveau des ‘massive multiplayer online games’ (MMOG) et autres segments liés aux jeux en ligne (et pas seulement aux jeux d’argent, ndlr), » déclare Baret. 

ID Invest est donc un des premiers fonds de private equity à s’investir de manière significative en France. Il y a fort à parier que ses contemporains à l’étranger sont en train d’évaluer le marché français pour faire de même.

Catégories : France, Interview

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