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Par admin - 20 octobre 2008

La Française des Jeux et le PMU s’intéressent (enfin) à l’addiction au jeu

CRJENous avons à plusieurs reprises, dans ces colonnes, regretté l’absence d’études scientifiques en France au sujet de l’addiction aux jeux d’argent, a fortiori concernant les jeux en ligne. D’autant plus que l’addiction aux jeux en ligne est un des principaux arguments des opposants à l’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne, sans étude sérieuse pour évaluer ces risques.

La future ouverture du marché pousse les monopoles à se responsabiliser
Mais, l’ouverture prochaine du marché des jeux d’argent en ligne (poker et paris sportifs) force la Française des Jeux et le PMU, nos deux monopoles nationaux, à se réformer et à s’intéresser au sujet. C’est là bien le paradoxe de cette ouverture que de responsabiliser des acteurs qui, auparavant, ne s’y intéressaient pas, se contentant de fustiger les opérateurs en ligne sur ce sujet. Or, les jugements européens et français (et, en particulier, la décision de la Cour de Cassation de Juillet 2007 opposant Zeturf au PMU) ont dénoncé à maintes reprises l’incohérence, voire l’illégitimité, de cette situation inédite où l’on voyait les monopoles faire la leçon à des opérateurs de jeux étrangers alors qu’eux-mêmes n’avaient rien mis en place !

Rappelons d’ailleurs, sur ce sujet de la responsabilité des opérateurs de jeux, qu’il a fallu attendre Juillet 2007 (oui, vous avez bien entendu : seulement l’année dernière) pour que les mineurs soient interdits de jeux à la FDJ et au PMU (voir notre article à ce sujet) !

Cette absence de mise en place de politique responsable des opérateurs français est, en partie, à l’origine de l’ouverture du marché français. Ceux qui fustigent le mouvement actuel devraient en tirer la leçon qui s’impose : les consommateurs sont bien mieux protégés dans un marché ouvert et réglementé que dans un marché fermé. Autant d’arguments qui étaient encore il y a un an inaudibles en France !

Les opérateurs étrangers en avance sur les mesures de prévention que nos monopoles.
D’autant plus que les opérateurs de jeux en ligne étrangers n’ont pas attendu 2007 pour se préoccuper de définir et mettre en place des politiques de jeu responsable. Il est vrai qu’ils ont été aidés par les attaques incessantes des monopoles nationaux sur ce sujet !

Ainsi, l’interdiction de jeux aux mineurs est non seulement une politique décidée mais aussi mise effectivement en place (contrairement à la France où, même si la loi a été votée, les débitants de tabacs n’ont ni les compétences ni la volonté de bloquer l’accès aux mineurs). De plus, plusieurs actions et études ont été entreprises par ces opérateurs (voir notre article de la semaine dernière : « Jeu responsable : Bwin publie une étude qui…devrait déranger« ).

La FDJ et le PMU inaugurent le premier centre de référence sur le jeu excessif à Nantes.
Ces éléments d’information préliminaires étant présentés, interressons-nous à l’annonce de jeudi dernier : le premier centre de référence sur le jeu excessif (CRJE), installé dans le CHU de Nantes et chargé de développer la recherche et la formation sur l’addiction au jeu, a été officiellement inauguré.

En France, environ 2% de joueurs seraient des joueurs pathologiques soit 600.000 personnes, a avancé le Pr Jean-Luc Vénisse, chef du service d’addictologie au CHU de Nantes, qui chapeaute le CRJE. En l’absence d’étude épidémiologique en France, ces chiffres proviennent d’extrapolations des données de pays anglo-saxons qui se sont emparés du sujet il y a près de 20 ans.

L’addiction au jeu « est un problème de santé publique encore peu pris en considération« , a relevé Christelle Andres, directrice du CRJE, ajoutant qu’ »en France, nous avons un retard, c’est évident » sur ces questions-là. Les joueurs excessifs, plutôt des hommes de 20 à 25 ans ou de 45 à 55 ans, sont fragiles : la moitié d’entre eux sont insérés dans la société avec une femme, des enfants, un travail, mais ils mettent en danger leur équilibre social. Ils mentent, se cachent pour jouer, empruntent ou volent.

Le champ de travail du centre comprend les jeux de hasard, les jeux d’argent, les jeux vidéo et la cyberaddiction. Huit personnes — psychiatres, chercheur en psychologie notamment — y travaillent. Le CRJE s’adresse aux chercheurs, aux professionnels de santé et du social et aux profesionnels de l’industrie du jeu au travers de travaux de recherche, de sessions de formation et d’une documentation.

Ce Centre a été créé grâce à un partenariat entre le CHU de Nantes, la Française des Jeux (FDJ) et le PMU. La convention signée en décembre 2007 porte sur trois ans pour un montant global de 1 million d’euros (750.000 euros de la FDJ et 210.000 euros du PMU), le CHU apportant de son côté environ 200.000 euros et la mise à disposition de locaux et de personnels.

Source : AFP.
Voir aussi, l’article de Le Figaro

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