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Par Alexandra Musseau - 16 juillet 2009

Nicolas Béraud, Pdg de BetClic : « Si on doit fermer les comptes existants pour garantir l’égalité des chances, alors cela devrait s’appliquer à tous y compris au pmu.fr et fdjeux.com »

Nicolas Béraud

Nicolas Béraud

iGF – La société Betclic compte d’ores et déjà parmi les ‘gagnants’ de l’ouverture des jeux en France : quelle est votre vision de cette ouverture ?

Nicolas Béraud – Nous accueillons très positivement la volonté de la France de réguler les jeux sur son territoire. La loi française va ainsi se mettre en conformité sur ce domaine avec le traité européen. Cette nouvelle activité va permettre à l’Etat de percevoir de nouvelles recettes via la taxe et cela va surtout  créer des nouveaux emplois en France, dynamiser le marché de la publicité qui est morose actuellement et permettre des partenariats dans le monde du sport. BetClic, principal opérateur privé français existant et leader sur le marché des paris sportifs, sera une des sociétés qui participera activement à ce développement. Aujourd’hui BetClic compte déjà 1,5 millions de joueurs et emploie près de 300 personnes.

Il est important que cette ouverture soit rapide, réussie et permette aux opérateurs d’exister. Sur la base du projet de loi existant et connu à ce jour, je vois notamment deux écueils majeurs   :  1- Le périmètre réduit d’ouverture (pas de jeux de casino ni de grattage) et la très forte taxation vont inciter les clients français à aller sur des sites non-licenciés en France pour trouver des produits plus attractifs. 2- sur la base de la taxation actuelle, il est impossible pour un opérateur d’être rentable. Cela veut dire que des éventuels nouveaux opérateurs français n’auront pas les moyens de se développer ni en France ni à l’étranger. Cela profitera donc aux opérateurs étrangers qui en s’appuyant sur leurs revenus hors de la France pourront attendre et prendre à terme une importante part de marché en France. Avec un périmètre d’ouverture complet et une taxation équivalente à ce qui se pratique en Italie ou en Angleterre par exemple, la France se doterait de meilleures chances de réussir cette régulation.

iGF – BetClic leader du betting en France : les paris sportifs sont profondément ancrés dans les pratiques de jeux des Anglo-Saxons, pensez-vous que les Français deviennent aussi passionnés et qu’il y ait un gros potentiel ?

NB – Les paris sportifs existent depuis plus d’un siècle en Grande Bretagne, cela fait profondément partie de leur culture, vous avez un « betting shop » à chaque coin de rue à Londres mais aussi dans chaque village. Les anglais adorent parier. Cela va nécessairement prendre du temps en France à se développer. C’est pour cela que contrairement à certains autres sites étrangers réservés aux experts, nous proposons sur BetClic un produit simple, convivial et grand public dans un cadre éthique et responsable  pour permettre à un maximum de personnes de pouvoir découvrir le pari sportif et de pouvoir prolonger leur passion du sport en ligne.

iGF – Le bookmarking s’apparente au métier de « trader du sport » vous pouvez nous expliquer cela ?

NB – En Angleterre, les bookmakers sont appelés « Traders ». Il y a beaucoup de similitudes entre  ces deux  métiers et en particulier pour le « live betting », les paris pendant les événements sportifs. Le bookmaker, tel un trader, gère en temps réel des prises de position (paris des clients) qu’il doit gérer en fonction du match qui se déroule. Il fait varier les prix (les cotes) pour contrôler le risque. Ce métier demande une grande expertise du sport, des statistiques, des nerfs solides et une capacité d’analyse très rapide.

iGF – Pensez-vous que les nouveaux opérateurs français, entrant sur le marché des paris en ligne, mesurent la difficulté et les compétences nécessaires pour être un bon bookmaker ?

NB – Le métier du paris sportifs et des jeux d’argent en ligne est un métier complexe et qui demande des compétences très pointues. Au delà de cela, la taille et la couverture géographique sont également des pré-requis importants. Dans le métier du pari à cote fixe, l’opérateur est en risque face à ses clients. Être présent dans toute l’Europe comme c’est le cas pour BetClic et le groupe Mangas Gaming permet de mieux répartir le risque et faire des économies d’échelle. Par ailleurs, comme je l’expliquais précédemment, du fait du niveau de taxe extrêmement élevé envisagé dans le projet de loi cela sera malheureusement très dur pour ne pas dire impossible pour un acteur français d’exister.

iGF – Ces compétences sont-elles existantes en France où on n’a pas encore acquis la culture du bookmarking ? Y a-t-il des bons coteurs français ? Allez-vous recruter vos équipes en France et formerez-vous ces dernières en interne ?

NB – Lorsque j’ai fondé BetClic, il y a plus de 4 ans, il m’est apparu très vite clef que le bookmaker devait avoir une sensibilité et une connaissance locale. A Londres, vous recrutez très facilement des bookmakers anglais mais ceux-ci ont une expertise limitée du « sport européen » (c’est-à-dire du sport non-britannique). C’est pour cela que nous avons créé notre propre école de formation de bookmakers chez BetClic et avons formé de nombreux jeunes à ce métier. Nous avons maintenant de très bons bookmakers pour nos principaux marchés (France, Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Pologne, …). Nous allons continuer en recruter et former dans les prochains mois. Aujourd’hui, BetClic compte 40 bookmakers et ce chiffre ne cesse de croître.

iGF – Comment voyez-vous l’avenir de la téléphonie mobile, notamment durant la Coupe du Monde pour la prise de paris ?

NB – Jusqu’à présent la technologie et les terminaux ne permettaient pas d’avoir une expérience utilisateur satisfaisante. L’arrivée des dernières générations d’appareils (Iphone 3GS, HTPC, Nokia, …) permettent, aujourd’hui, de proposer un accès aux paris sportifs et hippiques de manière tout à fait satisfaisante. BetClic est déjà accessible via Iphone, Blackberry et autres téléphones. Nous allons proposer très prochainement des applications dédiées et optimisées pour la plupart des téléphones. Le téléphone deviendra un canal naturel de prise de paris.

iGF – Une rumeur court selon laquelle les opérateurs n’auront pas accès à la publicité sur les chaînes de télévision, cela sera-t-il préjudiciable aux opérateurs ?

Pendant longtemps la publicité pour les bookmakers était interdite à la télévision en Angleterre. Il me parait sain de se poser la question si la télévision est un média approprié pour la promotion de notre activité et si oui, à quelles conditions. Dans tous les cas, les mêmes règles devront s’appliquer à tous les opérateurs.

iGF – Est-possible que l’ARJEL  puisse fermer les comptes des joueurs français des sites déjà actifs comme BetClic ? Cela contribuera-t-il vraiment à garantir une égalité des chances au moment de l’ouverture ?

Je ne suis pas sûr de comprendre pour quelle raison il faudrait fermer les comptes existants, mais s’il y avait une bonne raison (ce qui reste à prouver) dans ce cas là pour garantir l’égalité des chances il faudrait que cela s’applique effectivement à tous les opérateurs existants y compris donc au pmu.fr et fdjeux.com

iGF – Dans ces conditions serez-vous candidat à une licence française ?

Nous serons bien entendu candidat à une licence française.

Nicolas Béraud participera au Congrès & Expo Européen iGaming (EiG) à Copenhague. Pour plus d’informations : www.eigexpo.com

Catégories : Interview

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