Petter Nylander, Unibet : “Les paris ne représentent plus que 30% de notre activité”

petter nylander, unibetA l’occasion du salon des jeux d’argent en ligne de Barcelone, Petter Nylander, PDG d’Unibet a répondu à nos questions.

Petter Nylander, bonjour. Avant toute question, où en est votre procédure avec la justice française ?

C’est toujours en cours. Comme vous le savez, j’ai été mis en examen suite à mon arrestation à Amsterdam l’année dernière et à ma comparution devant un juge en septembre dernier. Depuis cette mise en examen, je n’ai pas de nouvelles, je n’ai pas revu le juge depuis ma mise en examen, la procédure est en cours.

Néanmoins, ce que je peux vous dire, c’est que je suis libre de mes mouvements, en France comme dans le reste de l’Europe. J’ai notamment rencontré cette année M.Durieux qui a souhaité m’interroger dans le cadre de son rapport.

Unibet est un opérateur majeur en Europe, avec des licences de jeux en Angleterre, Italie et à Malte. Quelle est votre vision en matière d’Europe du jeu en ligne ?

Notre demande vis à vis de l’Europe est de deux ordres :

- Nous souhaitons d’abord bénéficier d’un cadre communautaire applicable dans tous les pays de l’Europe et nous permettant de travailler sereinement. Sur le modèle de la Directive Européenne sur le Télévison sans Frontières, par exemple. Cette directive s’applique à l’ensemble des pays européens, libre à chacun de l’adapter localement, mais en respectant les grands principes de cette directive. Notre demande dans ce sens est de plus en plus entendue et les choses vont dans la bonne direction. Mais cela prend du temps !

- Ensuite, nous considérons que le rôle de l’Etats en matière de jeux d’argent doit être limité à celui de régulateur, et non d’opérateur. Il n’est pas sain que l’Etat fasse concurrence à des entreprises privées.

Votre modèle de directive européenne est-il celui appliqué en Angleterre ?

Il nous semble que ce modèle de législation est en effet intéressant. D’abord, parce que c’est le plus ancien et que nous avons assez de recul pour en mesurer l’efficacité et les résultats. L’idée de « white label » est particulièrement intéressante.

Ce modèle anglais n’a pas permis à l’Etat anglais de percevoir des prélèvements importants, la plupart des opérateurs ayant décidé de ne pas demander de licences en Angleterre. Quel serait le taux de taxe qui vous semble acceptable ?

Il est difficile à dire. En tout cas, 15% (taux appliqué en Angleterre sur le Produit Brut des Jeux) a montré que ce niveau était trop élevé. Certains opérateurs (Ladbrokes) parle d’un taux acceptable à 10%. Il nous semble que cette solution serait intéressante à étudier.

Avez-vous des nouvelles du gouvernement français quant au projet de loi d’ouverture du marché ?

Nous n’avons encore rien vu du côté d’un projet de loi. Néanmoins, les choses vont dans la bonne direction. Le gouvernement réagit très positivement et nous attendons avec impatience le projet de loi.

Unibet a, en France, une image très liée aux paris sportifs. Est-ce aujourd’hui la réalité du métier d’Unibet ?

Clairement, non. Nous avons pour ambition de construire un groupe de divertissement dans le domaine des jeux en ligne. A côté du pari sportif, nous proposons ainsi d’autres jeux : poker, jeux de casinos, de grattage, etc… Aujourd’hui, nous réalisons seulement 30% de nos revenus avec les paris sportifs. Le casino représente 30% de notre activité, le poker 20%, le reste étant constitué des autres jeux.

Les paris sportifs restent néanmoins stratégique pour nous dans la mesure où nous sommes opérateurs en propre alors que pour le poker ou les casinos, nous utilisons des réseaux partenaires.



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