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Par Jake Pollard - 28 juin 2011

Tribune : « Lorsqu’un opérateur représente 98% du marché il est difficile de parler de marché compétitif et de libre concurrence, » Patrick Barbe, Président de Betnet.fr

Patrick Barbe, président du site Betnet.fr, a souhaité s’exprimer sur les points soulevés par Pierre Pagès, secrétaire général du PMU, dans son interview publiée par iGamingFrance hier. Pour M. Barbe, le bien fondé de l’objectif du PMU n’est pas en cause mais le marché doit adresser les questions incontournables liées à la séparation des masses, des marques ou encore de l’utilisation des données et images des courses.

« Suite à l’interview de M. Pagès, nous réagissons vivement à cette présentation, et en particulier au fait que le secrétaire général du PMU puisse parler au nom des autres opérateurs. Je tiens à préciser la position des autres opérateurs, indépendants du Groupe PMU, au risque de détériorer les « excellentes relations » entre le PMU et l’ARJEL…

1 – Il faut bien comprendre que la Fédération Nationale des Sociétés de Courses Hippiques est propriétaire à 100% du groupement d’intérêt économique (GIE) PMU auquel elle avait confié l’organisation de la prise des paris. Le GIE-PMU était alors en situation monopolistique. Cette répartition des taches a été très bénéfique pour la filière équine française, permettant d’offrir les meilleures allocations d’Europe aux propriétaires de chevaux courant en France. Il n’est pas question de contester le bien fondé de ces dispositions.

2 – La loi du 12 mai 2011 relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne, a eu notamment pour effet de mettre fin au monopole des paris hippiques en ligne détenu par le GIE-PMU. Par ailleurs, les autorités françaises ont confié aux Sociétés de Courses des missions de service public d’intérêt économique général.

3 – Au risque de se trouver en infraction avec l’Autorité de la Concurrence, les Sociétés de Courses ont le devoir de donner les mêmes moyens et de faire respecter les mêmes obligations à tous les opérateurs, notamment le paiement d’une redevance assise sur les sommes engagées par les parieurs.

4 – La propriété des données et des images de courses est bien celle de la Fédération Nationale. En particulier, la chaîne de télévision EQUIDIA devrait logiquement être mise au service de tous les opérateurs. Le GIE-PMU est mal fondé à revendiquer la propriété de mots techniques tels que « gagnant, placé, jumelé, trio, quarté, quinté, etc. » qui appartiennent en réalité à la Fédération Nationale des Sociétés de Courses Hippiques.

5 – Il est heureux que le GIE-PMU annonce enfin la séparation des « équipes techniques et des fichiers » entre les paris en dur et les paris en ligne. La séparation des masses entre les paris en dur et les paris en ligne est le prochain impératif, même si l’ARJEL n’en a pas encore fait la demande, tant il est vrai que la masse des paris en dur collecté représente 90% des enjeux, masse à laquelle il faut ajouter 8% des jeux en ligne. Il est évident que lorsqu’un opérateur représente 98% du marché, il est difficile de parler de « marché compétitif » et de libre concurrence… Il faut rappeler que la Française des Jeux n’a pas hésité longtemps avant de partager ses masses…

6 – La séparation des masses devrait logiquement être accompagnée d’une séparation des marques, toujours afin d’éviter l’écrasement médiatique que le GIE-PMU impose à ses concurrents.

Notre propos n’est pas de partir en guerre contre le GIE-PMU, mais simplement de mettre fin à la langue de bois utilisée par un opérateur qui refuse d’admettre sa situation monopolistique et de faire respecter l’égalité des chances entre les divers opérateurs de paris hippiques en ligne, afin de permettre à la Fédération Nationale des Sociétés de Courses Hippiques de continuer à alimenter une filière riche de 70 000 emplois. »

Article en relation : Pierre Pagès, secrétaire général du PMU : « Le PMU a adressé à l’Autorité des propositions précises, concrètes et argumentées sur tous les points le concernant »

Catégories : Droit/Législation, France, Tribune / Opinions

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